jeudi 19 février 2026

Podcast In Film We Trust n°148: Laure par Gentry Austin



🇺🇸 Gentry Austin, co-host of the sexploitation podcast The Sin Syndicate is joining us to discuss the Annie Belle starring Laure a.k.a Forever Emmanuelle. 

Laure, is a 'Emmanuelle-adjacent' softcore film that waxes on liberation, religion and emancipation from life's shackles - so it is no mere T&A film, which makes it ripe for the IFWT deepdive. And much of this is thanks to the participation of Emmanuelle Arsan, the writer of the original Emmanuelle book that spawned franchises in France and Italy. 

Also, Gentry not only brings us this film due to pure fandom, as he is currently working on the biography of star Annie Belle.

You can find the Sin Syndicate podcast on Instagram at :@thesinsyndicatepod


🇫🇷 Gentry Austin, co-animateur du podcast The Sin Syndicate, nous rejoint pour parler du film Laure, avec Annie Belle, également connu sous le titre Forever Emmanuelle.

Laure est un film érotique, dans la lignée d'Emmanuelle, qui aborde les thèmes de la libération sexuelle, de la religion et de l'émancipation. Bien plus qu'un simple film de charme, il se prête parfaitement à une analyse approfondie dans In Film We Trust. La participation d'Emmanuelle Arsan, auteure du roman original qui a donné naissance à des franchises en France et en Italie, y est pour beaucoup.

Gentry ne nous présente pas ce film uniquement par passion, puisqu'il travaille actuellement sur la biographie de l'actrice Annie Belle.

Retrouvez le podcast Sin Syndicate sur Instagram : @thesinsyndicatepod

 

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dimanche 1 février 2026

Wifemistress + Fly Me the French Way: New Beverly Cinema, feb 2026 (L.A)



Wifemistress (Mogliamante)

With her neglectful husband’s attention elsewhere, a sheltered wife wastes away. But when hubby’s forced into hiding, she’ll presume he’s dead and embark on a journey of self-discovery, while uncovering his infidelities and deceit. As she blossoms sexually and socially for the first time, her husband secretly watches, consumed with hypnotic obsession. Laura Antonelli and Marcello Mastroianni star in a haunting erotic drama.

Screening from an exceedingly rare original US release 35mm print with faded color. 

Director: Marco Vicario - Writer: Rodolfo Sonegro, Marco Vicario - Starring: Laura Antonelli, Marcello Mastroianni, Annie belle... - Year: 1977 - Country: Italy - Format: 35mm - Running Time: 106 minutes


TICKETS Feb 03 / TICKETS Feb 04



Fly Me the French Way (Tout le monde il en a deux!)

Erotic Euro-cult cinema, Jean Rollin style! A beautiful woman watches over her cousin’s place while he’s away. But when her lesbian lover is mistakenly kidnapped by a crazed sex cult, it will kickstart a race to get her back. Packed with foxy folks, masked invaders, frolicking bubble baths and beyond, it’s a flesh-filled romp!

(Adults 18+ only)

Director: Jean Rollin - Starring: Joëlle Coeur, Annie Belle, Brigitte Borghese, Marie-France Morel, Annie Belle... - Year: 1974 - Country: France - Format: 35mm - Running Time: 93 minutes


TICKETS


dimanche 18 janvier 2026

Nous avons vu "Le Sexe à la Barre" de Georges Cachoux.

Novembre 2025. Sur les conseils de Christophe Bier, l’infatigable Gentry Austin* nous demandait s’il était du domaine du possible de prendre rendez-vous avec le CNC afin de visionner Le Sexe à la Barre; la vénérable institution étant en possession d’une copie 35mm du film de Georges Cachoux, totalement invisible depuis sa (très) brève exploitation en salles en 1975.


L’idée était on ne peut plus simple: Nous avions le synopsis, quelques coupures de presse, deux, trois photos, il nous fallait maintenant savoir quel était le temps de présence à l’écran d’Annie dans le film de Cachoux... 30 secondes grand max!

Belle apparait à brûle-pourpoint, se fout à poil, plonge dans une piscine, gesticule sur une pelouse, est gratifiée d’un gros plan, et salut la compagnie!

Ah, ça fait court!

Quoi qu’il en soit, et comme vous pourrez le lire ci-dessous, le film fut une agréable surprise. En effet, après avoir envoyé un compte rendu détaillé à Gentry, celui-ci nous proposa gentiment d'en faire un  résumé sur le blog; ce n’était pas l’objectif à la base, mais… Comment refuser? 

 

 

 

« Archétype de la comédie délurée à la française, Le sexe à la barre ne fait pas dans la demi-mesure, et enchaîne, à un rythme suffisamment soutenu pour ne pas lasser le spectateur, les gags navrants, et quelques idées de mise en scène plutôt efficaces.

On est globalement dans un registre proche de celui d’un Max Pécas des bons jours, mêlant satire sociale ras-des-pâquerettes, bons mots, filles constamment à poil et bonne humeur générale. C’est d’ailleurs l’intérêt principal du film: les acteurs s’amusent énormément ! 

On a ainsi l’impression d’assister a une virée entre potes venus s’envoyer en l’air au bord d’une piscine et boire des coups aux frais de la princesse, tout à leur joie d’être payés pour cela.

À ce stade, il convient de noter le nombre proprement hallucinant de scènes de nudité dans le film. Il ne se passe pas trois minutes sans que l’on voit des culs à l’écran, tant féminins que masculins ! C’est d’autant plus réjouissant que les filles sont superbes, sans exception, et que Jean-Claude Bercq et André Chazel, les deux vedettes masculines, sont particulièrement désinhibés et prennent un plaisir évident à l’exercice.

Certes, l’aspect « critique de la petite bourgeoisie », de son opportunisme et de son hypocrisie sociale ne fait pas dans la dentelle; mais on comprend vite que Cachoux s’en moque, tant les discours ampoulés de nos révolutionnaires de pacotille sont grotesques; au même titre que l’attitude de nos deux chefs d’entreprise, en pleine crise de la cinquantaine, prêts à toutes les contorsions intellectuelles pour justifier leurs infidélités: « Nos femmes… Elles nous dévorent, avec leurs phantasmes de petites bourgeoises mal baisées ! ».

Pour torchés sur un coin de table qu’ils furent probablement, certains dialogues font mouche: « En attendant le grand jour, on va faire du shopping ! » déclare Anne Libert après que sa camarade, la magnifique Carole Chauvet, a galvanisé les membre de l’organisation « Le Sexe à la Barre » avec un discours qui doit tant à Karl Marx qu’aux Marx Brothers; et puis cette réplique sans appel d’Hubert (André Chazel) aux protestations de la femme de son comptable qu’il tente de violer: 
- « Et mon mari ? » 
- « Je vais l’augmenter, tout s’arrangera ! ».

Il conviendra donc de juger le film à l’aune des plaisirs simples que procurent les prémices de la sexploitation française de l’époque: Nudité, humour potache et satire politico-sociale, se vautrent dans le bain libertarien post-mai 68, et pour tout dire, aujourd’hui encore, ça fait un bien fou !

En effet, profitant du relâchement de la censure promise avec l’arrivée de Giscard à l’Élysée - dont le titre « Le Sexe à la Barre » parodie le fameux slogan de campagne - nombre de productions françaises, bouclées en un temps record, poussèrent dans ses derniers retranchement l’idée même que l’on se fait d’un film « de cinéma », usant jusqu’à la corde les prétextes scénaristiques les plus débiles pour multiplier les scènes de sexe, flirtant parfois avec le porno.

Dans ce domaine, le film de Cachoux est un mètre étalon: D’entrée de jeu, le spectateur est témoin d’un couple qui teste la literie d’un magasin dont le slogan est « Avec les matelas Casanova, c’est un plaisir de faire l’amour chez soi »; peu après, alors qu’elles discutent dans le salon, nos deux bourgeoises, Isabelle et Dorothée, se dénudent afin de satisfaire le voyeur de l’immeuble d’en face; plus tard, l’actrice Annie Belle apparaît comme un cheveux sur la soupe, dans une séquence surréaliste, où elle lance à l’assemblée: « Ça vous dérange pas? Je vais faire une photo de cul pour un bouquin réactionnaire ! », et de se dessaper aussitôt sous les hourras des convives !

Le trophée d’interprétation en roue libre revenant à une Anne Libert déchaînée, hurlant du plein de ses petits poumons ce résumé définitif de l’entreprise « Le Sexe à la Barre »: « Si  vous croyez que ça vient comme ça l’extase ?! Non ! Faut être à poil ! ».

Anar’, grivois, opportuniste, parfois franchement drôle et surtout incroyablement français, le film de Cachoux est une sorte de Polaroïd de l’époque, la face cachée (et honteuse) d’une vague érotique tricolore dont la postérité ne retiendra, in fine, qu’« Emmanuelle » et une poignée de Borowczyk.

Pour sympathique quelle soit, cette minuscule production (dynamisée par l'excellent score de Romuald Figuier) était d’évidence déjà ringarde à sa sortie; exploitée sur le tard, dès lors coincée entre « la fesse d’auteur » en vogue et l’arrivée du porno hexagonal qui n’allait pas tarder à squatter les écrans français pour les années à venir, « Le Sexe à la Barre » a complètement disparu des radars après quelques semaines à l’affiche. »

Albert Roubi

 

Nous remercions le CNC pour son professionnalisme et son amabilité.

*Gentry est chercheur en cinéma, il travaille actuellement sur une monographie consacrée à Annie.